Quai des nouvelles

Quai des nouvelles est un concours d'écriture organisé par le Festival Livre & Mer auprès des élèves des collèges de Concarneau.

 

Les participants disposent d'une heure pour rédiger une nouvelle comprenant l'extrait d'un roman jeunesse.

 


Phrase retenue

"Temps calme, mer belle. Tout le monde regarde le large".

Extrait de Des cailloux à ma fenêtre, Jessie Magana, éditions Talents hauts.


Les deux lauréats ont chacun reçu les ouvrages suivants :

Des cailloux à ma fenêtre, Jessie Magana, éditions Talents hauts ;

Notre Amérique, Kris, éditions Futuropolis.


Les deux nouvelles lauréates :

Thibault Le Dœuff, 4e, collège Saint-Joseph

Belle Nostalgie

Nous étions six, autour d'un feu de camp.

Nos yeux fixaient l'horizon bleu.

La mer était calme, comme si ce calme absorbait les mots avant qu'on les prononce ; tout le monde regardait la rive, comme si on attendait d'elle qu'elle nous réponde d'un geste familier ou même d'un clin d’œil, mais Rien. La vague s'approchait de nous et reculait dans une rythmique hypnotique, et le vent caressait nos pommettes. Mon groupe et moi aimions bien aller à cet endroit avant, mais maintenant, la nature avait perdu toute son innocence. Les détritus l'ont forcée à vieillir, son teint bleuté a laissé place à un teint verdâtre, saupoudré d'une couche de pétrole grandissante. Nous sommes six autour d'un feu, nos masques à gaz offerts par l'armée sont vissés sur notre tête. Je repense à l'ancienne mer avec nostalgie. Temps calme, mer belle. Tout le monde regarde le large.


Hugo Barreau, 6e C, collège des Sables blancs

Je suis sur le port de Rockort Ville. Je marche tranquillement. Au bout d'un moment, j'aperçois un très beau voilier. Je monte dedans, et un monsieur à longue barbe blanche me dit : - Tu sais, gamin, ce bateau est très vieux, il a fait le tour du monde. J'étais le capitaine. - Et vous ne naviguez plus maintenant ?, demandais-je. - Oh non, je suis trop vieux. Et puis, ce bateau est bon pour la casse. - Plus tard je voudrais être capitaine ! - Tu sais, avec ce bateau, j'ai cherché pendant des années le Trésor ! - Et il est où ce trésor ? demandais-je. - Sur l'île au bout, qu'on voit là-bas. Mais c'est une légende. Ensuite, je quitte le bateau. Il était 19h00, l'heure de rentrer chez moi. Je prends mon repas et vais me coucher. Je suis réveillé vers 6 h par un bruit étrange. Je descends et vois une lettre sur la table. Je la lis : « Salut, gamin, j'ai décidé de reprendre du service. Rejoins-moi sur le port. Signé : le barbu. » Je cours alors jusqu'au port, la lettre dans les mains. Je vois le monsieur barbu en train de préparer le bateau. Il me dit : « Viens, je t'emmène sur l'île du Trésor. On sera de retour demain, j'ai prévenu ta mère. » Je l'aide donc à faire les préparatifs. Je n'ai pas hésité une seconde à monter dans le bateau. Tout est prêt, sauf l'équipage. On ne peut pas partir en mer sans équipage, même tout près d'ici. On a donc posé un panneau pour recruter. Vers 10h00 on a 4 personnes, en plus de moi, le mousse, et du barbu, le capitaine. On part alors tout de suite. Temps calme, mer belle. Tout le monde regarde le large. On voit l'île de où on est. Je nettoie le pont, pendant que l'équipage dirige les voiles. D'un coup, il se met à pleuvoir. On commence alors une partie de cartes à l'intérieur. Le barbu est très fort ! Il a gagné 5 fois de suite, sur 5 parties. Il prend ensuite sa pipe. Je ne l'ai pas vu fumer depuis le début du voyage. Quand la pluie s'arrête, il est 12h00. Une personne de l'équipage fait très bien la cuisine et nous fait une petite recette avec du poisson qu'on avait apporté. Après le déjeuner, il commence à y avoir beaucoup de vent. Ici, à Rockort Ville, le temps peut changer très vite. La mer commence à s'agiter et les voiles à beaucoup gonfler. Le barbu affirme que nous arriverons vers 18h00. Il dit aussi qu'il y a une cabane où on pourra s'abriter et dormir. Il est vraiment très difficile de manœuvrer le navire avec beaucoup de vent. On est tous en action. À un moment, j'entends un gros « Bam ! ». C'est la voile qui a cassé. Je monte alors en haut du mât pour évaluer les dégâts. Il faut vite la reboucher. Le barbu me lança du sparadrap qui, avec le vent, s'envola et tomba dans l'eau. Je prends alors mon T-shirt et les trois bouts de scotch que j'ai avec moi et les colle sur la voile. Il passe pile-poil. Je descends du mât. La tempête se calme un peu et on rentre dans la cabine. Le vent nous a retardé. Pendant 2 heures, nous avons fait des outils avec le matériel qu'on a pour creuser. Vers 19h00, on était arrivé. On va donc dans la cabane pour étudier la carte. Le barbu sait où est le Trésor. Mais il faut se coucher. Avant cela, je mange quelques tranches de saucisson. La nuit, je n'arrive pas à dormir. Je sors de mon lit et je vois la carte. J'hésite à la prendre. Puis, après réflexion, je la prends avec les outils pour creuser. Je suis la carte. J'entre dans une forêt dense, que je passe, puis dans une rivière, que je passe aussi. J'arrive dans la grotte qu'il faut traverser. J'ai très peur. Il y a des bruits bizarres. Je crois avoir vu des yeux, alors je cours pour traverser la grotte. Quand j'arrive au bout, je vois des squelettes humains ! J'en déduis alors qu'il y a des pièges. Je lance une pierre. Des pics sortent du sol. J'en lance un autre sur le mur, même chose mais avec des haches. Je pris alors mon courage et mes yeux pour traverser. Après 20 minutes pour passer 20 mètres, j'arrive à l'endroit supposé du trésor. Je creuse pendant longtemps, rien ! Ce trou faisait maintenant 3 mètres. Je suis très énervé et je lance des pierres dans tous les sens. À ma dernière pierre lancée, j'entends un bruit. Quelque chose sort du plafond. C'est le trésor. Je le prends doucement et cours vers la cabane. Il est 4h00 du matin. Arrivé à la cabane, je crie : « J'ai le Trésor ! ». Tout le monde se réveille. Tout le monde me félicite sauf le capitaine. Il dit : « Tu as pris un très gros risque ! Mais maintenant que tu as le Trésor, tu n'es plus en danger. » Je m'excuse alors. Je dis à l'équipage que je vais me coucher. Je me réveille alors chez moi ! Je me demande pourquoi. Après 10 minutes de réflexion je comprends que c'était un rêve. Je cours alors au port. Le grand voilier est toujours là. Et le monsieur aussi. Je lui raconte alors mon histoire. Il rigole et me confirme que c'était un rêve. Je rentre chez moi, dépité ! Je vais me recoucher et, sous mon oreiller, je trouve 5 monnaies d'or, les mêmes que dans le trésor. Je ne sais pas si c'était un rêve ou pas, mais j'ai 5 monnaies de 1595 !