Concours "Quai des Nouvelles"

Les lauréats sont Joshua Puel (3e) et Coline Vigot (4e), du collège Saint Joseph de Concarneau

Le Concours "Quai des nouvelles" 2011 s'est déroulé vendredi 15 avril de 10h30 à 11h30 au CAC.

Les collégiens disposaient d'une heure pour rédiger une lettre à partir d'une phrase extraite de l'ouvrage de Séverine Vidal « Lâcher sa main »:

« Si je me penche, je vois mon reflet. Un reflet secoué par les vagues. J'adore être là, à l'arrière du bateau qui avance, les pieds dans l'eau... »

La consigne était de rédiger une lettre à la première personne du singulier.

 

Près d'une cinquantaine de collégiens ont participé à ce concours d'écriture épistolaire.

La remise du Prix 2010 lors de la soirée d'inauguration du Festival Livre & mer, et  la remise du Prix Quai des Nouvelles aux jeunes Lauréats.


Une heure pour une lettre rédigée à partir d'une phrase... La lettre de Joshua

 De Mr. Tom ADAMS                                                                  Le :

Quelque part sur l'Océan Atlantique                                       Mars ou avril

entre la Bretagne et les Icebergs du Groënland                                   1993

 

 

Ma chère Alice,

 

Je ne me souviens plus de la date d'aujourd'hui pour la simple et bonne raison qu'ici le temps s'est arrêté...

Voilà trois ans que nous écumons les mers à la recherche de quelconque aventure ou trésor merveilleux.

Ai-je dit trois ans... Non, je ne pense pas... Plutôt 15... ou même 30... Je ne sais plus.... J'ai totalement perdu le fil du temps. Je suis comme exilé dans un monde parallèle, où l'on ne se soucie des choses qui sont ou qui seront et des malheurs du monde.

Le seul lien qu'il me reste avec la réalité, c'est toi.

 

Depuis que nous sommes partis, mon pied n'a plus foulé la terre ferme et l'agitation des vagues est devenu l'air que je respire.

Nous sommes en plein désert. Un désert salé, bleu et infini. J'adore cette immensité qui porte la couleur de tes yeux et dont on ne peut voir la fin ni le commencement.

Elle me berce la nuit et me réconforte de mes peines le jour durant.

 

A moment où je t'écris je suis sur le pont. J'adore être là. Si je me penche, je vois mon reflet dans le miroir bleu nuit.

Un reflet secoué par les vagues. J'adore être là, à l'arrière du bateau qui avance, les pieds dans l'eau. .. Je contemple l'horizon, mais rien n'apparaît. Le bleu du ciel et de la mer se confondent.

Où suis-je ? Suis-je aux cieux ? Ou peut-être suis-je plongé dans les abysses ? Mes yeux se ferment, je pense à toi. Te reverrai-je un jour ?

 

Je sens que le temps me rattrape, cruel, sans pitié, à l'affût de la moindre faiblesse.

Je sens mon âme se déchirer à la crainte de ne jamais te retrouver.

Est-il possible d'aimer sans avoir peur de tout perdre ? Je me le demande bien...

 

J'ai tant de choses à te raconter et en même temps trop peu de force pour te le dire. J'arrive au bout du papier et mon flacon d'encre est presque vide.... C'est un signe, je le sais. L'âge m'accable, entrave mes mouvement. La mort me menace et je n'ai plus l'épée jeune pour la parer. La mienne se rouille. Ma main tremble, mon esprit me quitte. J'irai donc à l'essentiel en te disant ce qui est essentiel :

Je t'aime et je ne t'oublierai jamais.

 

On se retrouvera bientôt, ici ou ailleurs, peu m'importe.

 

Un homme qui se languit de

mourir sans preuve de ton amour.

 

Tom

 

 

Concours Quai des Nouvelles, Festival Livre & Mer, Concarneau

Lettre rédigée par Joshua PUEL

Collège St Joseph, Concarneau

Classe de 303, 3è

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Une heure pour une lettre rédigée à partir d'une phrase... La lettre de Coline

Vendredi 15 avril 2011, 21h

En mer

 

 

Chère famille,

 

Me voilà enrôler au long cours depuis une semaine. Le temps est superbe. Si je me penche, je vois mon reflet. Un reflet secoué par les vagues. J'adore être là, à l'arrière du bateau qui avance, les pieds dans l'eau, les yeux dans le vague, regardant les dauphins et les oiseaux volant, et respirant l'air marin.

J'adore mon travail dans les machines, les doigts plein de graisse, maniant un tournevis. Le bosco m'a appris beaucoup de choses : me servir du sextant, déchiffrer les pavillons, barrer.. En plus, l'équipage est sympa.

Ce matin, nous avons découvert un clandestin en faisant les essais des canaux de sauvetage. Nous le cherchions car il y avait des pas sur la farine soupoudrée dans la cuisine. Il a caché ses papiers, nous ne savons pas d'où il vient. Nous verrons demain ce que l'on va faire. J'espère qu'un port voudra bien le prendre.

J'ai hâte de passer l'Equateur, nous ferons une fête. Nous avons préparé des costumes de balises, avec des sacs poubelles et des entonnoirs.

 

Je tiens un journal de bord pour vous raconter mes aventures à mon retour. Vous me manquez, vous qui êtes à des milles de moi.

 

Demain, nous mouillerons à Fort-de-France.

Pour vous écrire, je suis à la proue du bateau. Je vous laisse car on m'appelle au carré, pour manger.

 

Je vous embrasse et je pense très fort à vous.

 

Coline qui vous aime

 

PS : Je vous écrirai de nouveau quand je serai à Fort-de-France.

 

 

Concours Quai des Nouvelles, Festival Livre & Mer, Concarneau

Lettre rédigée par Coline Vigot

Collège St Joseph, Concarneau

Classe de 402, 4è